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Les mycoses génitales

Publié par Dr. Anne De Kevasdoué le 2015-03-12

Qu’est ce qu’une mycose ?

On parle de mycoses génitales quand le champignon de la famille des levures, le plus souvent le Candida Albicans, inoffensif au départ, a colonisé une trop grande partie du vagin. Elles sont très fréquentes, touchent plus de trois femmes sur quatre au moins une fois dans leur vie, mais non dangereuses. Le risque de propagation vers l’utérus et les trompes est nul, et elles ne laissent aucune séquelle.

Contagieuses dans un tiers des cas seulement, les mycoses sont beaucoup plus pénibles pour les femmes du fait de la grande surface de leurs muqueuses ! La mycose n’est pas une MST proprement dite. Inutile de traiter le partenaire s’il ne se plaint de rien. Dans le cas inverse, il s’agit de petits boutons rouges sur le gland et de démangeaisons.

Quand la vaginite mycosique est récidivante (les épisodes se répètent au moins quatre fois par an.), elle devient extrêmement pénible, et peut tourner à l’obsession. Environ 6 à 10% des femmes sont concernées. L’impact psychologique peut être considérable.
 

Qu’est ce qui peut être à l’origine d’une mycose ?

Elle est la conséquence d’une « agression » des muqueuses qui a provoqué dans certains cas un déséquilibre de la flore.
- Ce peut être un médicament, comme un antibiotique qui altère la flore, un corticoïde, le roacutane, un progestatif, l’eau chlorée des piscines, les savons liquides acides, antiseptiques ou autres ;
- Mais aussi une modification hormonale comme pendant la grossesse ou la période prémenstruelle, (mais pas la pilule ni le stérilet maintenant innocenté).
- Elle est favorisée par le surpoids, un excès de sucre alimentaire ou un diabète mal équilibré, une infection au VIH et toutes les maladies qui diminuent les défenses immunitaires, des stress répétés.
 

Quels sont les symptômes des mycoses ?

Les plus évidents sont des démangeaisons intenses de la vulve et de l’entrée du vagin (vulvo-vaginite), des pertes blanches plutôt épaisses, grumeleuses, peu abondantes ; et puis ensuite des brûlures vaginales et parfois en urinant qui font évoquer une cystite.
Le diagnostic est fait à l’examen : les petites et grandes lèvres sont rouges vif, oedémaciées, et la paroi vaginale est recouverte d’un enduit pâteux blanc.
On ne fait des prélèvements que si l’on pense à une infection mixte ou en cas de récidive. Il faut alors s’assurer qu’il s’agit bien d’une mycose et laquelle et qu’il n’existe pas d’autre germe.
Beaucoup de femmes concluent à une mycose quand elles ressentent une démangeaison et se traitent elles-mêmes, dans 30% des cas à tort car il s’agit d’un autre microbe ou parce qu’il n’y avait en réalité aucune infection !
 

Comment éviter d’avoir une mycose ?

Chez celles qui y sont prédisposées, il est conseillé d’éviter tout ce qui favorise la chaleur, l’humidité, l’acidité et les frottements répétés: le port de collants ou de pantalons serrés, les matières synthétiques, les bain fréquents en piscine, le maillot de bains gardé humide sur soi.
Les rapports sexuels prolongés ou très rapprochés, surtout après une longue période d’abstinence…
 

Quel est le traitement pour soigner une mycose ?

Le traitement est local sous forme d’ovule pris de 1 à 3 soirs de suite, et de crème pendant 7 jours. L’effet est un peu plus long à se faire sentir. Avec certains produits il arrive que les signes soient majorés le premier jour. Par ailleurs, il faut arrêter toute relation sexuelle par pénétration pendant au moins six jours.
Pour apaiser la démangeaison plus rapidement, on conseille d’utiliser des produits d’ hygiène intime liquide à pH 8 sans antiseptique chimique, qui ont des propriétés apaisantes et adoucissantes sur les muqueuses.
 

Quelles sont les causes des récidives ?

Elles ne sont pas toujours évidentes, beaucoup de femmes suivent ces conseils et souffrent tout de même de récidives pénibles.
- La mycose est la probable conséquence d’une perturbation immunologique locale, sous l’effet d’une contamination intestinale, d’un facteur émotionnel ou autre. Il ne s’agit pas là d’une transmission sexuelle, mais d’une susceptibilité individuelle ou d’un Candida plus virulent.
- Il arrive aussi que le Candida s’associe à un autre germe et se développe sur une flore déséquilibrée.
Sont efficaces les traitements par voie orale mais aussi locale pendant une période prolongée associée éventuellement à la prise de probiotiques, à condition de choisir les plus appropriés sur la flore intime. Il faut aussi combattre la sècheresse vaginale et restaurer la flore par tous les moyens.
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