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Les irritations intimes persistantes

Publié par Dr. Anne De Kevasdoué le 2015-01-08

Comment s’en débarrasser ?

Nombre de femmes consultent pour des irritations intimes persistantes qui font qu’elles ne se sentent jamais confortables. Les relations sexuelles deviennent (ou restent) douloureuses et de plus en plus redoutées.

Beaucoup s’inquiètent et se posent des questions sur elles (est ce que je risque de le contaminer ? est ce que je fais correctement ma toilette ? vais-je devenir stérile ?) ou sur lui ( peut être qu’il ne m’est pas fidèle?).

Le côté récidivant ou persistant des symptômes finit par rendre ce sujet obsessionnel et d’aviver les tensions au sein d’un couple.

Ces symptômes, souvent peu précis et peu spécifiques mais gênants car répétés, ne permettent pas de faire le diagnostic par téléphone. Mieux vaut consulter et être examinée car ces irritations ne doivent pas être traitées systématiquement ni au hasard.

Il peut s’agir :

- d’une simple irritation locale liée à des frottements répétés, un savon trop agressif, un excès d’ovules, des rapports très rapprochés sur une muqueuse un peu sèche ou une flore déséquilibrée. Il n’y a ni pertes ni signes d’inflammation ou d’infection. Il suffit de faire une toilette quotidienne des muqueuses avec un produit lavant doux et apaisant et éventuellement de prendre des probiotiques.

- d’une mycose résiduelle ou récidivante à l’origine d’une vulvo-vaginite. Le symptôme le plus spécifique est la démangeaison, parfois intense. Les pertes sont inconstantes. Les muqueuses sont rouges. En plus d’un traitement local par ovules et par crème, il faut y ajouter la prise d’un traitement par voie orale pendant plusieurs mois et utiliser une base lavante au pH plus alcalin.

- d’une « vaginose » : elle survient quand le vagin a perdu son acidité normale et quand un germe pathogène, comme le Gardnerella le colonise. Le meilleur signe pour le reconnaitre, c’est l’odeur de poisson avarié et des pertes grisâtres. Ce n’est pas dangereux sauf chez la femme enceinte du fait du risque de prématurité.
Le taux de récidive des vaginoses est de 80% à neuf mois.
Il faut donc non seulement la traiter par voie orale mais aussi restaurer la flore vaginale à l’aide de probiotiques de la famille des lactobacillus qui stimulent l’immunité intestinale et vaginale ou encore des prébiotiques par voie locale, sous forme de tampons, de gels, de gélules…et préserver la muqueuse vulvaire en la lavant avec un produit respectant son pH.

- d’une vestibulite à l’origine de douleurs constantes à l’entrée du vagin. On y voit des petits points rouges correspondant à l’inflammation de minuscules glandes, anormalement sensibles à la pression. Les médecins parlent de vulvodynie.

- plus rarement d’une infection génitale plus grave qui se manifeste à bas bruit, comme le Chlamydia Trachomatis et qui nécessite alors des prélèvements bactériologiques et un traitement antibiotique.

Que retenir ?

Ne pas s’automédiquer tout le temps. Les traitements diffèrent d’une affection à l’autre. Abuser d’ovules abime la flore et entretient les symptômes.

Veiller à ne pas utiliser de produits agressifs pour la toilette intime, à en respecter le pH en fonction de la cause et à restaurer la flore avec des moyens simples que l’on trouve en pharmacie.

En cas d’échec, ne pas laisser s’installer les troubles et consulter, car les répercussions sur la vie sexuelle sont réelles.

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